Christophe Battaglia : au cœur de la production musicale avec Avid Pro Tools | S6

By in Mixage Pro, Musique, Postproduction

Du 4 pistes à cassettes au duo Avid S6 | Pro Tools HDX

A la fois réalisateur, compositeur et ingénieur du son, Christophe Battaglia aime à dire qu’il est né à Marseille dans le magasin de musique familial, une position privilégiée pour apprendre le piano, mais aussi la batterie, la guitare et la basse. Très tôt intéressé par l’enregistrement et la production, il commence sur un petit quatre pistes à cassettes et renouvelle régulièrement son outil de production au rythme des évolutions technologiques. Monté à Paris deux ans plus tôt, il se fait remarquer en 1998 avec la réalisation du tube Aller plus Haut de Tina Arena diffusé à 1 million d’exemplaire s. C’est à cette époque qu’il décide de s’équiper de son premier Pro Tools piloté par une Pro Control , une configuration avec laquelle il enregistrera l’album Simon Papa Tara de Yannick Noah, encore un énorme succès ! Anggun, Asa, Jean-Louis Aubert, Christophe Maé, Garou, Céline Dion, Kendji Girac, Jean-Jacques Goldman… Les collaborations fructueuses s’enchainent, les versions de Pro Tools se succèdent et la Pro Control laisse tour à tour la place à une Icon D-Command récemment remplacée par une Avid S6 M10 16 faders.

C’est dans son studio privé basé en proche banlieue parisienne et baigné par la lumière du jour que Christophe Battaglia nous reçoit : « En tant que réalisateur, ce studio est mon instrument de travail. Après avoir travaillé dans les principaux studios parisiens, j’ai essayé ici de reprendre le meilleur de chaque endroit. La disposition, les équipements, tout a été pesé et murement réfléchi. » La cabine de prise de son se trouve ainsi sur le côté droit du mixage et non pas en face derrière les écrans afin d’améliorer la communication mais aussi éviter le eye contact, ce regard direct qui peut parfois déranger certains chanteurs pendant les prises. De même, le traitement audio repose sur un équilibre savamment dosé entre une sélection d’Outboard analogique, trié sur le volet et enregistré à la prise, et un arsenal de plug-ins dont les réglages sont affinés durant le mixage. Pour faciliter l’exploitation, tous les préamplis, EQ et compresseurs ont été installés dans des rack mobiles montés sur roulette « de façon à pouvoir les déplacer afin de rester en face des écoutes pendant les réglages, et non pas au raz du sol ou au plafond comme dans certains studios… »

Retrouver le feeling d’une console

Ce souci du détail, cette exigence sur la sélection de l’outil adapté à ses besoins et sa méthode de travail, on le retrouve chez Christophe Battaglia dans le choix de la S6 qui succède ici à une Icon D-Command 8 faders : « Il me fallait plus de faders, plus de contrôles pour retrouver le feeling d’une console. D’un autre côté, comme je travaille seul sans assistant, Pro Tools est incontournable dans les conditions de production actuelles. Un jour, j’ai fait six recalls sur six projets différents. Une autre fois, j’ai passé en revue 24 titres dans la journée ! Cette souplesse est impossible à obtenir avec une console analogique, car elle n’est pas « recallable » aussi rapidement que la S6 avec Pro Tools . Ensuite, la S6 me permet de disposer de 16 faders dans  un environnement compact quasiment de même largeur que mon ancienne D-Command  8 faders, ce qui me permet de travailler sans quitter la zone de cohérence stéréo  (« sweet spot »).

La console S6 correspond parfaitement à ma manière actuelle de mixer qui est centrée sur les VCA. Lorsque j’ai besoin d’atteindre une piste appartenant à un groupe de VCA, pas besoin de regarder l’écran, j’utilise la touche Attention de la piste VCA Master (la S6 étant configurée en mode Automatic Spill of Attentioned VCA) qui étend les pistes associées sur la console. J’appuie ensuite sur la touche Control et je sélectionne la piste choisie pour la faire apparaître automatiquement en haut de la fenêtre d’édition de Pro Tools. Et quand tu as 250 pistes comme c’est le cas ici (une Session d’un film pour Christophe Maé servant d’introduction aux prochains concerts), c’est très appréciable de retrouver la bonne piste sans avoir à aller à la pêche avec l’écran et la souris ! »

Les départs effets sous la main

Autre attrait de la S6  pour Christophe Battaglia, le concept modulaire qui simplifie la maintenance mais permet aussi un agencement sur mesure : « Comme je me sers souvent des départs effets, j’ai inversé les modules Knob et Process. Par rapport à ma D-Command, j’ai maintenant sous la main non plus deux, mais quatre encodeurs rotatifs que j’ai placés juste au dessus des faders, et pour les 4 départs effets suivants, il me suffit d’appuyer sur la touche Page Right , ou sur la touche EXP qui étend tous les départs Aux sur la totalité du module knob, m’offrant un accès direct à ces derniers, ce qui est très pratique. Je peux aussi piloter l’EQ avec les encodeurs  rotatifs, mais je préfère généralement le faire depuis la section Master via ses huit encodeurs… »

Des améliorations qui changent la vie au quotidien

Parmi les derniers projets effectués par Christophe Battaglia avec son Avid S6 figurent quelques mixages pour des labels et des artistes indépendants mais c’est surtout sa collaboration avec Christophe Maé qui l’a accaparé ces six derniers mois avec la production de l’album L’attrape Rêve, le remix d’une quinzaine d’émission de TV ou radio auxquelles le chanteur à participé, sans oublier l’illustration complète comprenant musique (co-composée avec le guitariste Bruno Dandrimont) et Sound-Design d’un film de 7 min 30 qui sera projeté en introduction de tous les prochains concerts.

Autant d’expériences qui permettent de dresser un premier bilan : « Par rapport à mon ancienne D-Command, la qualité des contrôles n’a rien à voir. C’est un peu comme passer de la HD à la 4K. Les faders sont plus doux, plus souples et plus réactifs. Les commandes de transports se montrent très agréables à l’usage ainsi que le jog que j’utilise d’ailleurs beaucoup pour le zoom et le déplacement dans ma session. D’une manière générale, j’apprécie également la qualité du retour visuel que me procure la S6 avec son écran tactile, ses afficheurs dont la netteté permet de bien mieux voir le nom des pistes, ou encore les 48 Soft Keys que j’ai personnalisées pour accéder  à mes fonctions favorites : Quantize, Copy, Paste, Undo, Export, Trim, Select, c’est super pratique ! Ça peut paraître du détail, mais quand je travaille longtemps sur un projet, cet ensemble de choses change la vie au quotidien. Avec la S6, je peux aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite qu’auparavant ».

Journaliste spécialisé dans l’audio depuis 15 années, j'utilise Pro Tools depuis la version 3.0 dans le cadre de mes projets musicaux et de son à l’image. Ainsi, lorsque je rencontre un autre utilisateur, j’aime partager avec lui son expérience sur ce blog.